Résidence artistique : en attendant l’aube

En mai, pendant deux semaines, l’association Ippa (Iles et Phares du Pays des Abers), m’a invitée à réaliser une résidence artistique, au creux de la maison-phare sur l’île  Wrac’h, habitée par le gardien et sa famille jusqu’en 1993.

J’ai rencontré ici, outre un phoque, une musaraigne, de fiers goélands, des centaines d’escargots et des crabes, l’humilité devant le silence et la beauté, ma solitude et mes obscurités.

J’ai eu pour compagnie ces animaux, mais aussi ma peur de l’isolement et de la nuit qui tombe sur cette solitude-île. J’ai réalisé, recroquevillée au creux du phare, que depuis petite, je guette le crépuscule avec appréhension et accueille l’aube comme une renaissance.

Alors, j’ai voulu photographier ces deux moments charnières, comme un hommage aux incessants cycles de la nature, de l’aube et de la nuit mais aussi comme une invitation à accueillir ces cycles à l’intérieur de nous, où la lumière cohabite ou alterne avec l’obscurité et nos tourments.

 

“Mes yeux lourds de sommeil

Supplient pour se fermer.

Mais, gardienne de phare recroquevillée,

Je veille.

 

Je couve du regard la nuit,

Je guette les bruits,

Je m’accroche à la lumière,

Gardienne des étoiles et de la mer.

 

Veilleuse éphémère de l’île,

Des embruns et des marées,

J’attends, fébrile,

L’aube qui va illuminer.”

 

Lien vers l’article de journal du Télégramme sur cette résidence artistique : cliquer ici

*** Merci immense à Ippa ! ***