Résidence artistique île Wrac’h

En mai 2018, pendant deux semaines, l’association Ippa (Iles et Phares du Pays des Abers), m’a invitée à réaliser une résidence artistique, au creux de la maison-phare sur l’île Wrac’h, habitée par le gardien et sa famille jusqu’en 1993.

L’île Wrac’h est un petit bout de paradis de 3,7 hectares, encerclé par la mer quand la marée est haute. Une île-silence, royaume des goélands, des escargots, des rochers, des fougères et des arméries maritimes.
Une île où il n’y a plus d’espace pour d’autres éléments que la mer, le vent, le soleil ou la pluie, et le temps qui passe au rythme des marées. Une île qui voit défiler les majestueux voiliers et les petits kayaks, qui abrite quelques lapins cachés, et un phoque lointain.
Une île et une maison-phare, paradis de jour et angoissants de nuit quand la mer isole et encercle notre solitude.
Un face à face avec les éléments (mer, terre, air) troublant, déboussolant, ressourçant, et dont le dépouillement rend à nouveau visible l’essence même de la vie dans toute sa simplicité, son dénuement, sa lumière mais aussi nos obscurités et nos tourments.

Recroquevillée dans la coquille de la maison-phare, émerveillée mais aussi angoissée et intimidée par tant de beauté, de silence et d’isolement, avec pour compagne mes doutes, mes peurs et mes rêves et fantaisies d’enfant, j’ai raconté en images ces sensations. J’ai “dis” cet enfermement ressenti dans le petit escalier en colimaçon du phare, cette peur de l’isolement quand la mer et le ciel semblent tout engloutir, cette impression d’être carapatée dans ma coquille comme un escargot, d’être coupée des autres, comme ce crabe sans pinces.

J’ai dis cette gratitude, cet émerveillement et cette humilité ressentis face à ce silence, cette immensité et cette beauté dans cette série photo que j’ai appelé “marée haute”.

Lien vers l’article de journal du Télégramme sur cette résidence artistique : cliquer ici

*** Merci immense à Ippa ! ***